Serge July, dernier dragon de papier, quitte Libération

Publié le par Philippe Gammaire

Serge July poussé vers la sortie par Edouard de Rotschild ? C'est ce qu'annonce L'Express hier soir sur son site internet. Signe des temps, ce n'est pas sur du papier qu'aura été imprimée la rumeur mais sur les écrans scintillants du Net, en caractères alphanumériques.

Et Serge July l'a confirmé lui-même ce mardi matin, vers 10 h, en conférence de rédaction : c'est "contraint et forcé" qu'il quitte le journal. Louis Dreyfuss, directeur général, fait partie de la charrette et des rumeurs évoquent également Antoine De Gaudemar, le directeur de la rédaction.

Sur son blog, Daniel Schneidermann (collaborateur de Libé) avait fait part hier aux internautes des tensions qui persistent à Libération et se sont accentuées ces dernières semaines entre Rotschild et July.

Libération, seul quotidien français issu de mai 1968 et fondé par Serge July, Philippe Gavi, Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Vernier et Jean-René Huleu, connaît une crise récurrente depuis de nombreuses années. Depuis 2001, selon les chiffres de l'OJD, les ventes ont chûté de 174.000 à 144.000 exemplaires en 2005.

Du jamais vu en fin d'année dernière, la rédaction s'était mise en grève durant plusieurs jours, arrachant à la direction un plan de départ volontaires (donc indemnisés) de 55 salariés. L'aura de Serge July en avait pris un coup.

Il faut dire, pour apporter un début d'explication aux difficultés de Libération, qu'on est bien loin du journal fait "par et pour ses lecteurs" (slogan des origines). Manifestement, la stratégie de fuite en avant voulue par Serge July - à travers le lancement de plusieurs suppléments - ne satisfait plus les actionnaires, comme le révèle "L'Humanité". Le lectorat ne suit pas, le fossé se creuse tout bonnement.

Conséquence directe : les caisses sont vides et le journal aurait même du mal à passer l'été. Selon une source syndicale, la recherche d'un nouvel actionnaire est en cours pour trouver de l'argent frais.

Selon François Wenz-Dumas, "le personnel est très inquiet" de cette annonce qui peut avoir "de graves conséquences" pour le journal.

A ECOUTER SUR CE BLOG, l'analyse de Luc Le Vaillant, responsable de la rubrique portraits de Libération, sur les difficultés du journal (dans "Radio-blog", en haut de page à droite, le son intitulé "Des nouvelles de Libération").

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Publié dans AUJOURD'HUI

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R
oui libération a bien changé depuis ses début c'est le moins qu'on puisse dire !!!ça fait déjà de nombreuses années qu'il était devenu le journal des journalistes "chiens de garde" hypocrites et "cools", des agents de change "branchés". C''est riste à dire mais on ne le regrettera pas maintenant!Les loups se mangent entre eux? Laisons les.
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P
Moi tout pareil comme toi Jacques. La sympathie n'est pas le premier sentiment qui me vient à l'esprit à propos de July. En revanche, c'est un personnage charismatique de la presse écrite, comme il en existe peu. Une sorte de légende si tu veux, l'incarnation d'une réussite passée dans la presse. C'est un esprit brillant (quoi qu'on pense de ses idées aujourd'hui), qui a réussi à entraîner derrière plusieurs générations de journalistes. Il faut lui reconnaître aussi d'avoir toujours soutenu ses journalistes, ce n'est pas rien.<br /> July a eu son heure de gloire pendant les années Mitterrand, avec un point de vue éditorial qui sortait du lot à l'époque. Il s'est petit à petit institutionnalisé, figé dans une posture libérale libertaire... comme son journal. Certes, il quitte Libé mais il conserve ses petits boulôts à côté : chroniques dans différents medias. Il part avec 33 mois de salaire d\\\'indemnités légales (soit un mois de salaire brut par année de présence dans l\\\'entreprise)... donc à mon avis, pas de souci pour lui. Il était peut-être temps pour Libé qu\\\'il quitte le navire : il faut un regard neuf
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J
Il aura mal vieilli, Libé... comme Serge...Bah, July me semble-t-il avait bien négocié son affaire au momment de l'entrée de Rotschild dans l'actionariat... M'est avis qu'il quitte le navire les poches pleines...Et je l'imagine pas vraiment avoir le moindre remord pour le foutoir qu'il laisse derrière lui... Ce personnage ne m'inspire plus aucune sympathie depuis qu'il "mange des cahuettes" avec Ockent, ça date pas d'hier, donc...
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P
J'ai la même reflexion que toi à propos du contenu. Il m'arrive aussi de l'acheter le matin... et le soir je ne l'ai même pas lu et pour tout dire ça ne me manque pas. Lundi, je me suis même dit que les pages "culture" étaient vraiment chiantes à mourir, aucun intérêt sauf pour les bobos du 5eme arrondissement (et encore).<br /> Il fut un temps (à partir de 1981 précisément) où je me régalais de Libé, journal (encore) subversif dont le ton était neuf et en phase avec son époque. J'ai l'impression que ce n'est plus le cas aujourd'hui, les gens sont passés à autre chose (le net notamment) pour trouver de l'info un peu piquante et non institutionnelle.
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J
Alors, là, ça sent la fin pour Libé. Je n'aime pas beaucoup le bonhomme mais je suis bien obligé de reconnaître que July est un monstre de la presse papier. Il est aussi l'âme de Libé. Celui qui depuis l'arrivée de son actionnaire fortuné tient à bout de bras l'image du canard. Mais, c'est sans doute le sens de l'histoire. D'ailleurs, il y a deux ans, j'étais encore un inconditionnel de Libé. Samedi, je l'ai acheté. Sans douter de la qualité du canard. Je ne l'ai même pas ouvert… Pourtant, je voulais voir comment ils se démarquaient des autres canards au lendemain du coup d'envoi de la Coupe du Monde. Et puis, je n'ai même pas regardé. J'ai lu d'autres journaux et je n'ai même plus pensé que j'avais acheté Libé…
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