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JOURNALISME 2.0

Lundi 20 février 2006

Pour les quelques journalistes qui passent sur ce blog, cette info, reprise depuis le site categorynet.com :

L'Ecole des métiers de l'information (EMI-CFD), L'Université Paris IV- Paris Sorbonne, et SDC Conseil organisent conjointement une conference sur le thème : « Presse : Fusion des médias, Fusion des métiers ? ». Cette conférence aura lieu à la Maison de la recherche de la Sorbonne le mardi 28 février de 9h30 à 12h00 en présence de Julien Jacob, Directeur général de ZDNet.fr, Martin Nisenholtz, vice-président du groupe New York Times, chargé des publications en ligne, et Bruno Patino, président du monde.fr.

Présentation de la conférence :
Internet bouleverse le paysage médiatique, ses usages et ses métiers. Il importe de s’interroger sur l’inévitable fusion ou redéfinition des rôles qu’impose la convergence des médias. Au-delà des logiques technique et économique, la question du sens reste cruciale : intégrité des contenus, restitution des faits, validité des sources. Quelle place pour le journaliste dans cette évolution des médias ?
Cette conférence est à la jonction du maniement des concepts, de la diffusion de la connaissance etdu traitement de l’événement dans un moment de bouleversement numérique.

Maison de la recherche de la Sorbonne
28 rue Serpente
75006 Paris

Par Philippe Gammaire
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Mercredi 1 mars 2006

TEASING : j'ai assisté, hier mardi, à une passionnante conférence dédiée au thème "Fusion des medias, fusion des métiers". Les intervenants : Julien Jacob, Directeur général de ZDNet.fr, Martin Nisenholtz, vice-président du groupe New York Times chargé des publications en ligne (23 millions de lecteurs par mois sur http://www.nytimes.com/. Si, si...) et Bruno Patino, président du monde.fr. (le site francophone d'information le plus lu avec 4,5 millions de visiteurs/mois).

J'en ferai le plus vite possible un compte-rendu synthétique, avec du son (quand j'aurais dompté Audacity).

Pour résumer, le métier de journaliste évolue considérablement ces temps-ci dans le contexte de l'internet et des blogs. Les journalistes ne sont plus sur un piedestal, mais désormais en prise directe avec leurs lecteurs, au milieu de l'Agora virtuelle que constitue la Toile. L'érosion de la confiance à l'égard des journalistes est un phénomène mondial. Les sources d'infos se sont multipliées. L'écriture se transforme et peu à peu la dimension multimedia est intégrée dans les rédactions (valable surtout aux Etats-Unis)... Et beaucoup d'autres idées développées, très intéressantes sur notre pratique du métier. A SUIVRE. 

Par Philippe Gammaire
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Dimanche 19 mars 2006

Quelques questions à vous poser. Le journalisme bientôt mort ? Les blogueurs sont-ils plus pertinents que les journalistes ?

Une chose est sûre. Il n'y a plus seulement le journal du jour (ou l'hebdo de la semaine), puis celui du lendemain, etc. Le flux d'information est désormais continu, jour et nuit, passant sur le web à la vitesse de la lumière d'un continent à l'autre jusqu'à en donner le tournis, parfois jusqu'à l'écoeurement.

Mais surtout, l'information ne vient plus seulement du haut vers le bas, du UN (le journal) vers la multitude (les masses). L'info circule principalement à l'horizontale, de réseaux en réseaux. Tout le monde est aujourd'hui un media en puissance capable de diffuser une information, en quelques clics, à des millions d'autres gens.

Cela fait-il de chaque blogueur un journaliste ? Quest-ce qu'un journaliste-citoyen (les journalistes pro ne sont-ils pas eux-mêmes des citoyens ?) Et pour vous, c'est quoi un journaliste au temps des blogs ?

Je sais bien que le débat est ouvert depuis un bon moment d'un blog à l'autre. Mais cette question évolue au fil des mois.

Un seul exemple, il est d'actualité : Christophe Grébert (MonPuteaux.com) vient d'être relaxé en première instance suite à une plainte de la ville de Puteaux. Il avait relayé sur son blog une info parue dans Le Parisien, mais sans la vérifier lui-même. Or dans la vraie vie, Christophe est journaliste professionnel.

Mais le tribunal a considéré que son activité de blogueur, étant bénévole, ne lui imposait pas de vérifier l'information qu'il avait diffusée... Et pourtant, il est très emblèmatique de ce journalisme-citoyen que l'on nous sert régulièrement à toutes les sauces. Bref, journaliste au bureau et blogueur à la maison. Tout est dit ?

Par Philippe Gammaire
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Mercredi 5 avril 2006

JE CONSTATE bien souvent la mutation du métier de journaliste, en cours actuellement avec les nouveaux medias et moyens de communication mis à disposition de tous (téléphones portables, cameras et appareils photos numériques, blogs, vlogs, etc).

La couverture photo des événements anti-CPE en est une nouvelle illustration. Libération et Le Monde en ont fait, au demeurant, un argument de vente en incitant les particuliers à poster leurs photos sur leurs sites.

Mais il ne s'agit là que de l'écume. Il suffit pour s'en rendre compte de taguer le mot "CPE" sur le site Flickr.com. 3972 photographies y sont recensées. Prises par des manifestants et photographes amateurs pour la plupart, elles renouvellent le genre comme l'explique très bien Alain Joannes sur son blog "Communiquer par l'image".

Ces photos sont prises de partout, immortalisent chaque détail des manifs en supportant très bien le flou ou l'approximation des cadrages. Ces deux dernières caractéristiques donnent au passage un accent de vérité incomparable, et balaient au passage les vues traditionnelles (et convenues) des mouvements de foule. Un peu comme si une nouvelle esthétique de l'image se dessinait sous nos yeux. Celle de la photo-vérité, très crue et sans artifice. Même en photo-journalisme, la rue est en train de prendre le pouvoir.

(Photos (de haut en bas) : Vincent Arsenault, Hugo, Charlotte Gonzales)

 

Par Philippe Gammaire
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Jeudi 27 avril 2006

Loïc Le Meur publie ce matin sur son son blog "Si je dirigeais un titre de presse...", à l'occasion d'une conférence qu'il a tenu devant plusieurs patrons de rédactions. Une analyse bien vue de l'évolution des medias traditionnels face au phénomène de convergence et de participation qui se produit actuellement sur les blogs.

Et donc, si Loïc était patron de presse il mettrait en place : la conversation permanente avec les lecteurs, des liens vers d'autres sites que le journal, des fils RSS. Il lancerait de nombreux blogs de journalistes, recruterait des blogueurs, etc. Bref, il parie à fond sur le web. A lire.

Pour ma part, j'ai apporté modestement ma contribution au sujet, dont voici un extrait ci-dessous :

Chapeau pour l'analyse, tu as superbement saisi les enjeux qui se profilent pour la presse dite traditionnelle. Mais je ne te rejoins pas complètement sur le passage consacré à l'évolution du métier de journaliste.
Difficile en effet, quand tu es sur le terrain, de mener en parallèle la prise de notes écrites, le film de l'interview et son podcast. Quand c'est une enquête, c'est encore plus compliqué.
Non, je crois que la convergence va tout simplement créer de l'emploi : désormais le journaliste de presse écrite partira avec son cameraman ou son preneur de son. Car les deux approches (écrit et images)sont différentes et difficilement compatibles. Je ne dis pas impossible, mais difficile à mener de front.
Martin Nisenholtz, patron du site du NY Times, explique que la rédaction du New-York times laisse le choix à ses rédacteurs : partir en reportage classique (carnet et stylo) ou embarquer avec soi une camera, voire un cameraman avec camera pour alimenter le site web. (la suite, ICI).

Par Philippe Gammaire
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Jeudi 1 juin 2006

Patrice Van Eersel est rédacteur-en-chef du magazine "Nouvelles clés". Un magazine qui lui ressemble... explorateur d'utopies, défricheur de nouveaux modes de vie qui interpellent les consciences. Chercheur de sagesse, de mythes et de lenteur, dans notre monde d'échanges bruyants et fulgurants.

Autant le dire tout de suite, Patrice Van Eersel est l'un de ces "gauchistes" qui rêvèrent d'un "autre monde" dans les années 70, d'amour libre, de créativité débridée et de vie en communauté. Sa quête, en réalité, est celle de l'humain depuis que l'humanité existe : "Connais-toi toi-même" (Platon)... et "tu connaîtras les hommes et les dieux" (Kipling).

Or, Patrice Van eersel - à travers un édito qu'il signe dans "Nouvelles clés" - découvre avec bienveillance la blogosphère ces temps-ci.

L'UTOPIE DEVENUE REALISABLE

"L’explosion des « médias citoyens : l’utopie d’un média fait par le peuple
est devenue réalisable
", écrit-il. 
Il y entrevoit la réalisation d'une formidable utopie qui a déjà fait l'objet de nombreux "plantages". Celle d'un media au service de chacun, de tous, et réalisé - en trois clics de souris - par n'importe qui.

Son expérience présage-t-elle de l'avenir des blogs ?

A savoir qu'il raconte d'abord le "plantage" de Libération à ses débuts, un journal "fait par le peuple, pour le peuple et dans le peuple" : « Tout le monde peut être journaliste ! affirmions-nous avec un bel enthousiasme". Un discours que chacun peut aujourd"'hui entendre régulièrement sur la planète blogs...

"Je me souviens d’assemblées générales hallucinantes, où nous lisions, à voix haute (...) L'intégralité des articles rédigés dans la journée par des « journalistes issus du peuple », qui pouvaient être n’importe qui, militants ou pas".

Et de conclure : "Malheureusement, ça ne fonctionnait pas. Ces lectures collectives étaient d’un ennui cosmique. Les articles s’avéraient évidemment bons pour la poubelle, comment aurait-il pu en être autrement ?".

UN ESPRIT LIBERTAIRE

il évoque ensuite les "radios libres" au début des années 80. L'explosion de créativité puis la reprise du phénomène par "le fric" : nouveau plantage de l'utopie.

25 ans plus tard, un nouveau réseau mondial, inattendu s'est installé : l'internet et ses blogs. Une sorte de "miracle" semble se produire selon lui : l'utopie en cours de réalisaton. Un esprit libertaire, qui paraît résister aux milliards s'y développe. Le media définitivement accaparé par le peuple.

"Même s’il s’est très naturellement chargé de marchandises, (il) semble vouloir continuer à garder ouverte la possibilité que s’y déploie la libre expression et créativité de chacun", écrit Patrice Van Eersel.

Tiens ! Vous êtes allé au bout de cet article : bravo. Alors j'ai envie de vous poser la question : "vous y croyez, vous, à cette société nouvelle où chacun deviendrait un media et où la liberté d'expression et la créativité seraient totales ? Vous le voyez comment ce réseau mondial : définitivement libre... ou en voie de normalisation, bientôt inféodé aux pouvoirs de l'argent ?"

LIRE L'EDITORIAL DE PATRICE VAN EERSEL

Par Philippe Gammaire
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Samedi 3 juin 2006

Une nouvelle jurisprudence aux Etats-Unis qui fait droit aux blogueurs de protéger leurs sources, au même titre que les journalistes professionnels (lire ICI), relance en France le débat - plutôt alambiqué au fond - sur le statut des blogueurs.

Et en particulier cette question, le journalisme citoyen n'est-il qu'un concept marketing (induit par le web 2.0) ou bel et bien la promesse d'un statut juridique ? Pierre Chappaz évoque ce sujet dans Libération du 2 juin et sur son blog, sans apporter de réponse définitive, tandis que des articulets fleurissent ici ou là sur le web.

Pour Reporters sans frontières, la décision est "historique car elle accorde une légitimité nouvelle à des blogueurs qui, bien qu'ils n'aient pas de carte de presse, ont désormais leur place dans le monde de l'information".

POINT DE VUE D'UN JURISTE

Avant de s'emballer sur un jugement prononcé aux Etats-Unis, voyons un peu le statut du blogueur en France. L'Atelier a eu la bonne idée d'interroger un juriste. Pour résumer :  pas ou peu de jurisprudence en la matière. Les blogs sont des sites personnels, leurs auteurs sont considérés comme des non professionnels. Contrairement au journaliste professionnel qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications (lire ICI).

Dès lors le secret des sources journalistiques a peu de chance d'être appliqué aux blogueurs puisqu'il s'agit d'un droit lié à l'exercice du journalisme dans le cadre professionnel.

Pour les journalistes, la confidentialité des sources est formalisée par l'article 56 de la loi du 4 janvier 1993 (modifiant l'article 109 du code de procédure pénale) : « Tout journaliste entendu comme témoin sur des informations recueillies dans l'exercice de son activité, est libre de ne pas en révéler l’origine ».

LA RELAXE DE CHRISTOPHE GREBERT

En revanche les blogueurs (qui sont éditeurs de leurs blogs) sont soumis - à première vue - aux mêmes contraintes que les journalistes en matière de liberté d'expression : pas de diffamation, ni d'injures à caractère raciste ou sexiste.

On pourraît alors être tenté de penser qu'un blogueur a plus de devoirs que de droits que les journalistes, en matière de publication...

Pas forcément : à cet égard, la relaxe en mars dernier de Christophe Grébert (MonPuteaux.com) semble ouvrir la voie à une jurisprudence souple à l'égard des blogs.

Poursuivi par la ville de Puteaux, après avoir publié sur son blog un article du Parisien (jugé diffamatoire), le tribunal a considéré que son site étant "purement privé et bénévole (Ch. Grébert) n'était pas tenu de se livrer à une enquête complète et la plus objective possible sur les faits qu'il évoquait". Dans la mesure où il indiquait sa source et ne lui faisait subir aucune dénaturation, le tribunal a considéré que le blogueur était "de bonne foi" (malgré le caractère diffamatoire de l'info) et habilité à en faire un commentaire.

La mairie de Puteaux a cependant fait appel : l'affaire n'est pas close.

Clairement donc, les blogueurs et autres "journalistes citoyens" ne répondent pas - en l'état actuel du droit français - aux mêmes contraintes que les journalistes professionnels. Un simple constat juridique, qui ne diminue en rien les vertus du web participatif et, à travers lui, l'implication des citoyens dans les grands débats politiques ou de société.

DES CITOYENS ENGAGES

Car incontestablement, les blogueurs renouvellent le genre journalistique et secouent tant les journalistes que les patrons des medias traditionnels. Alors serons-nous demain tous journalistes ? Evidement non : c'est un vrai métier, qui demande que l'on s'y consacre à temps complet. En revanche, la multiplication des blogs d'opinion semble démontrer une volonté citoyenne forte de s'engager dans la société. Déjà pas si mal, non ?

 

Par Philippe Gammaire
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Lundi 12 juin 2006

LA SERIE DE FILMS s'intitule "Et si c'était eux". Sur son site internet, le quotidien gratuit "20 minutes" dirigé par Frédéric Filloux propose pour la deuxième fois un film qui mèle actualité et fiction.

Le concept : s'ancrer dans l'actualité chaude et imaginer son futur, à travers un clip très court dont le commentaire constitue l'ossature. Dans le premier film, les scénaristes ont imaginé que Ségolène Royal était élue présidente de la République après une campagne pleine de rebondissements.

Dans le deuxième, c'est l'équipe de France qui gagne la Coupe du Monde de football. Le concept est évidemment ludique, très bien fait visuellement tandis que le commentaire est parfaitement plausible (bien qu'inventé).

A la fin de chaque clip, on s'interroge tout de même : Est-ce le but d'un media d'imaginer l'actualité qui va se produire dans les semaines ou mois qui viennent ? Quel est le message que nous délivre le document ? Bref, à quoi ça sert.

Et l'on reste sur ces interrogations, malgré les explications qu'en donne Frédéric Filloux sur son blog. Peut-être ces clips n'ont-ils pour vocation que d'être des OVNIS dans le paysage médiatique...

 

Par Philippe Gammaire
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