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Dimanche 5 février 2006

VU SUR FRANCE 2, hier soir, sur le plateau de "Tout le monde en parle". Thierry Ardisson interroge Patrick Devedjian, qui fut l'avocat de Chirac durant vingt ans, parlementaire puis ministre.

Devedjian (sourire mielleux) : "Chirac nous a dit en 1994 : "Je vous étonnerais par ma démagogie (...) Et il nous a étonné ! ". Plus tard : "Il a l'art de surfer sur l'air du temps, c'est une vraie qualité pour un homme politique". Devedjian ne cherche même pas à convaincre.

Faux compliment, vraie ironie.

Devedjian roule maintenant pour Sarkozy. Il sort un bouquin : "A moi le ministère de la parole". Tout ça sent très fort le plan Media. Ardisson ne réussira pas à lui faire dire "L'UMP c'est de la merde". Mais il le pousse quand même jusqu'à déchirer la photo de Sarko. Musique rock, le public applaudit la performance. Allez on enchaîne...

A quand son bouquin sur Sarkozy ?????

Par Philippe Gammaire
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Dimanche 5 février 2006
Europe 1 édite ses podcasts : vaut le coup de s'abonner (gratuit) pour suivre un résumé de le la tranche info du jour ou de la semaine : http://www.europe1.fr/podcast/podcast.jsp#
Par Philippe Gammaire
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Mardi 7 février 2006
A partir d'aujourd'hui, il sera possible de découvrir les coulisses d'Europe 1 en video. Deux minutes quotidiennes d'images, disponibles gratuitement sur le site Europe 1.fr
Par Philippe Gammaire
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Mardi 7 février 2006

Grosse concentration dans les medias papiers français, ces temps-ci. Hersant (France-Antilles), Lignac (L'Est républicain, les DNA) et le Crédit Mutuel (centre-Est europe) rachètent la branche rhône-alpine du groupe Socpresse.

Dans le panier il y a notamment Le Progrès de Lyon, Le Dauphiné libéré, le Bien public, le journal de Saone-et-Loire + des hebdos locaux, des télévisions locales. Les journalistes de "L'Alsace" (dont l'actionnaire principal est le Crédit mutuel) doivent s'interroger sérieusement sur leur avenir : les "synergies" avec les DNA sont fortement envisagées. Elles aboutissent en général, sinon à des fermetures d'agence (mais l'avenir le dira), du moins à des rationalisations dans les services plus généraux des rédactions (pourquoi conserver deux desks d'infos générales ? deux desks Economie, etc), ainsi qu'au marketing, à la pub et dans les services administratifs (contrôle de gestion, services généraux). Je ne parle pas des métiers dits du Livre, qui ont de gros soucis à se faire (regroupement des moyens de production, modernisation tous azimuts et évolution rapide des métiers).

L'Est Républicain et le Crédit Mutuel et Hersant contrôleront toute la façade Est du pays, à l'exception notoire du Républicain lorrain qui reste indépendant. Lignac, propriétaire de l'Est Répu. explique dans Libération que l'heure est aux regroupements massifs.

Certes, car cela attire les annonceurs (mieux vaut avoir un million de lecteurs que 100.000), et gonfle les tarifs publicitaires. Des annonceurs qui, au passage, peuvent difficilement ne plus passer par ces énormes conglomérats.

Mais quid des lecteurs ? Car, au fond ils achètent les journaux pour leur contenu rédactionnel. Si celui-ci s'uniformise, pourquoi ne se tourneraient-ils pas vers d'autres medias ? Ils le font déjà au demeurant et la PQR est en chûte (plus ou moins libre selon les titres) chaque année... La plupart des patrons de presse écrite, aujourd'hui, gèrent le déclin comme ils peuvent, sans proposer véritablement de solutions alternatives. En ont-ils ? Après eux, le déluge...

Nota bene : Sur la menace réelle à la liberté d'opinion des journalistes, les synergies et autres "modernisations sociales", lire l'excellent article du SNJ

Par Philippe Gammaire
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Mardi 7 février 2006

AH LA BELLE ENVOLEE COCARDIERE. Gérard Colin, vice PdG de l'Est Républicain a déclaré hier, lundi 6 février 2006, lors du Comité d'entreprise de son journal qu'il serait "anormal que la presse française, à la base de la démocratie, appartienne à des Anglais, Irlandais ou Espagnols"... (vu sur le fil permanent du Nouvel Obs). Son groupe vient de racheter en effet, cinq titres importants de la Socpresse (lire mon post précédent). Le Groupe Est Républicain devient ainsi le plus important groupe de presse français, devant Ouest-France.

Beau comme l'antique. Ces anglais, irlandais ou espagnols n'ont pas comme nous, il est vrai, la chance de vivre en démocratie. A moins que tous ces australopithèques ne veuillent insidieusement ruiner la démocratie française. Cela voudrait-il dire aussi, que les journalistes auraient pu être aux ordres du parti de l'étranger ? Quelle horreur... On l'a échappé belle.

M. Gérard Colin pensait sans doute qu'il n'était pas normal que les bénéfices des journaux français tombent dans les poches d'actionnaires étrangers. Evidemment, c'est beaucoup moins lyrique.
Pour le reste, quel mépris pour les journalistes. Quant aux évolutions à venir, elles laissent perplexe : "Le vice Pdg du groupe a "confirmé des évolutions à venir avec le journal L'Alsace , expliquant qu'un journal isolé ne peut plus vivre longtemps", ont rapporté les élus.

A ma connaissance, "L'Alsace" (via le journal "Le Pays") taille des croupières à l'Est républicain sur le Territoire de Belfort, en enregistrant de +1 à +3% en diffusion, selon les années. De cela, le fier Gérard Colin ne parle pas, trop content de récupérer la poule aux oeufs d'or. L'Alsace reste un des rares journaux "profitables" en France, aux finances saines et au taux de pénétration très supérieur à la moyenne : un quotidien très lu, qui a su se moderniser dans les années 90... Contrairement à "L'Est". Passons.

Mais le plus inquiétant, dans tout cela, reste que - toujours selon M. Colin - le rachat du pôle Socpresse ne coûtera rien à l'Est Républicain. Trop fort ! Y a t-il eu un deal avec le Crédit Mutuel ? Du genre, je te donne "L'Alsace" et en échange je rentre dans le capital du nouveau groupe... On en saura certainement beaucoup plus dans quelques jours. Soïwater... ("sale temps", en alsacien)

Pour en savoir encore plus on peut toujours allez voir à quoi ressemble vraiment le mangeur de cigognes.

Par Philippe Gammaire
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Mardi 14 février 2006

AGORAVOX publie un papier édifiant et - oserais-je le dire - tout à fait vérifié à travers mon vécu de journaliste. L'auteur de l'article, Serge-André Guay, explique qu'il n'y a rien de plus facile que de prédire le contenu des medias traditionnels. Son analyse est claire et limpide : aujourd'hui 80 à 90% de l'actualité est prévue à l'avance. De la semaine internationale de la Femme aux grands rendez-vous du G8, en passant par l'actualité sportive, les soldes, le ski en hiver et la mer en été, les élections, etc. L'auteur présente même un tableau en pdf, adaptable évidemment selon les régions ou les pays (il est originaire du Québec). Conclusion : il n'est pas étonnant que la presse écrite perde autant et inexorablement ses lecteurs. Pire, les medias  traditionnels reproduisent leurs erreurs sur le Net, restant fermés sur leurs vieilles convictions. Ils ne redistribient pas leurs moyens journalistiques pour faire de l'enquête, produire des sujets inedits. Préférant reproduire les interventions usées des politiciens.

Résultats, les blogs citoyens ont la côte et deux réseaux internet se côtoient sans se parler. L'un évolue selon les critères de la presse traditionnelle, l'autre est un monde inconnu du premier, d'une richesse inouïe où circulent les idées et s'échangent les infos inédites sur les blogs... La révolution est en train de se faire, mais sans les medias établis. A LIRE ABSOLUMENT SUR AGORAVOX

Par Philippe Gammaire
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Mercredi 15 février 2006

La société des journalistes (SDJ) de M6 ne mâche pas ses mots : elle dénonce "le niveau de censure jamais atteint" jusque là par la direction de M6, dans un communiqué signé à l'unanimité par les 70 journalistes de la chaîne. C'est ainsi qu'elle qualifie les coupes au hachoir et autres bidouillages du commentaire, réalisées par le directeur de l'information, Jérome Bureau, sur un reportage consacré aux "jeux de grattage".

Le document - fruit d'une enquête de quatre mois - "apportait des révélations sur les chances réelles de gagner aux jeux de grattage et la répartition des gains", indique le communiqué de la SDJ. Embarrassant pour la Française des jeux, qui est par ailleurs un annonceur publicitaire important de la chaîne (56 millions d'euros en 2005).

Résultat : huit minutes de reportage coupés, le commentaire réécrit à la hâte... et une rédaction au bord de la crise de nerfs. "la SDJ de M6 (...) s'inquiète de l'exercice du métier de journaliste sur cette chaîne".

BIDOUILLAGE SONORE. - Moins sérieux, mais tout aussi éclairant, Arteradio s'est amusée à jouer du ciseau dans un reportage consacré au Clémenceau. Histoire de montrer que l'on peut aussi faire dire n'importe quoi - et surtout le contraire de la réalité - dans un document d'actualité. Sauf que là, c'est drôle!

ECOUTEZ POUR VOIR !!!!!!!!

Par Philippe Gammaire
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Lundi 27 février 2006
Le tribunal de commerce de Lille a repoussé au 1er mars le délai de dépôt des offres de reprise du quotidien France-Soir (actuellement en liquidation judiciaire). Les six offres présentées étaient en effet incomplètes. Le repreneur sera finalement désigné le 16 mars.
Alors que plusieurs journaux gratuits sont en projet dans la capitale (Vincent Bolloré y réfléchit sérieusement, tandis que Le Figaro cherche à lever des fonds), on peut se demander raisonnablement si France-Soir a encore un avenir.
 
 
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Six offres en lice :
- Celle de l'homme d'affaires franco-algérien Prosper Amouyal;
- Euromedia France, qui regroupe les journalistes Gérard Carreyrou, Jean-Claude Bourret (ex-La 5), Paul Wermus (France Soir) et le philosophe Yves Roucaute.
- Eric Fauveau et Serge Faubert, ex-directeur général et rédacteur en chef du quotidien.
- Georges Ghosn, ex-propriétaire de France Soir
- Jean-Pierre Brunois, homme d'affaires
- Jean-Raphaël Fernandez, représentant d'un groupe agro-alimentaire

Toutes ces offres de reprise prévoient la réduction des effectifs du journal, qui sont actuellement de 118 salariés dont 74 journalistes.
Par Philippe Gammaire
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