Dimanche 23 avril 2006
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LES INITIATIVES se multiplient sur l'internet en prévision de l'élection présidentielle en 2007. Plusieurs Web TV seront notamment créées dans cette unique perspective : celle du journaliste indépendant John-Paul Le Pers qui s'appellera Télélibre.com (en mémoire des radios libres) devrait voir le jour en janvier 2007. Mais également la web TV de l'UMP, via Arnaud Dassier patron de "L'enchanteur des nouveaux medias", la société qui pilote la stratégie politique du parti de Sarkozy sur le Net. C'est ce que l'on pouvait apprendre cette semaine (rediffusée dimanche), lors de l'intéressante émission 8-FI consacrée, sur Direct 8, à la prochaine campagne présidentielle sur le Net.
"28.000 adhésions au PS"
Intéressante en effet, car s'y exprimaient les responsables NTIC des deux formations politiques dominantes du moment, à savoir Arnaud Dassier (pour l'UMP) et Vincent Feltesse (pour le PS). Et des infos ont filtré, qui montrent tout l'intérêt et tous les bénéfices que retirent ces deux partis de leur action sur internet.
Le PS, par exemple, a recruté ces deux derniers mois 28.000 adhérents en lançant une campagne d'adhésion volontariste sur le Net. A 20 euros l'adhésion, c'est un pactole de 560.000 euros qui est tombé directement dans les caisses du parti, pour un investissement qui ne dépasse pas 15.000 euros. Vincent Feltesse reconnaît volontiers que le PS a "surfé" sur la vague anti-CPE.
L'UMP sur internet : 50.000 euros par mois
L'UMP n'est pas en reste et entend poursuivre sa "stratégie de la poignée de main numérique", selon l'expression d'Arnaud Dassier (campagnes d'adhésion, dons, spam, achat de mots-clés chez Google). Actuellement, le budget alloué chaque mois par l'UMP pour investir l'internet est de l'ordre de 50.000 euros en moyenne, hors charges salariales. Le responsable de "Les enchanteurs des nouveaux medias" n'exclue pas, au passage, la mise en place de sites internet (des blogs vraisemblablement) anti-Ségolène ou anti-PS, dès lors que le nom du candidat PS sera connu. "Si on le fait, ce sera avec humour et de façon officielle. L'objectif c'est de faire rire les gens, en faisant passer derrière un message politique fort. L'agressivité pure ça ne marche par sur internet", explique Arnaud Dassier, qui a manifestement parfaitement intégré les techniques du Buzz marketing. D'ici quinze jours, un nouveau site de l'UMP va fleurir sur le web et Arnaud Dassier annonce : "On va faire de la levée de fonds sur internet". A l'image de ce qui se pratique aux Etats-Unies, où une multitude de petits dons ont permis de collecter des dizaines de millions de dollars.
L'enjeu, la séduction des internautes
On peut donc s'attendre à voir circuler sur le web, d'ici à la fin de l'année, des films chocs, telles que celui actuellement diffusé par le PS, sur le thème "La droite avance, le droit recule". Coût zéro pour le PS,le clip ayant été entièrement réalisé bénévolement par des militants.Manifestement, l'opération séduction des internautes constitue un enjeu important pour ces formations politiques. Même si chacun a reconnu, dimanche soir autour de la table de 8-FI, que c'est la télévision qui restera le média dominant du prochain rendez-vous électoral majeur du pays. Néanmoins, une élection présidentielle pouvant se jouer à un ou deux points d'écart entre les candidats du second tour, les internautes pourraient jouer un véritable rôle d'arbitre dans ce scrutin.
Bref, de jolis débats (pour ne pas dire foire d'empoigne) se profilent sur le Net, à travers les blogs bien sûr et la communication virale des partis politiques. La question a été posée de savoir si les dépenses internet du PS et de l'UMP seraient comptabilisées dans leurs comptes de campagne. Pas anodin, quand on sait que c'est précisément un an avant l'élection - donc très prochainement - que commence le décompte officiel des dépenses. La question du vide juridique en matière électorale sur le Net (temps de parole, clips videos, etc) n'est quant à elle pas tranchée. L'eldorado je vous dis...
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