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Vendredi 3 février 2006

Les UNES du jour

 

Cliquez sur le kiosque à journaux, pour des nouvelles toutes fraîches.

 

Et ci-dessous, quelques UNES du jour de la presse américaine :

 

New-York Times

Washington Post

Los Angeles Times

Chicago Tribune

Le Devoir (Canada)

Par Philippe Gammaire
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Mercredi 8 février 2006

TENTER DE COMPRENDRE. - Le président André Vallini (député PS) ouvre la séance, en précisant bien - s'adressant à Burgaud - qu'il ne s'agit pas de le juger, mais de comprendre les dysfonctionnements de l'affaire. Pourtant, au fil des heures, devant les réponses évasives du jeune juge (il a 35 ans tout au plus, 29 au moment des faits) les députés vont le mettre face à ses contradictions, déclarer publiquement leur consternation face à ce magistrat qui reste dans le déni.

Fabrice Burgaud se lance dans un long préliminaire, dans lequel -d'entrée - il affirme qu'il ressent et comprend la souffrance, l'enfermement subi, l'honnêteté mise en cause des personnes acquittées, présentes dans la salle et des enfants. Il se dit ému. Mais le propos est froid, la gêne s'installe.

"Mais j'estime avoir fait honnêtement mon travail, sans parti pris", lance-t-il. Et voilà ! Burgaud c'est ça. Tout au long de l'audition, il n'aura que les mots rapports d'experts, transmission d'actes, auditions à la bouche. La technique froide d'un juge qui, durant l'instruction, n'apportera sa compassion et son écoute attentive qu'aux propos des enfants. Et surtout de Myriam Badaoui, l'accusatrice en chef, dont on sait aujourd'hui qu'elle est mythomane et perverse.

TROP DE CERTITUDES.- Mais cela, les experts ne l'ont pas vu curieusement. Alors même que le juge Burgaud sait que Myriam Badaoui lui a menti de nombreuses fois. Qu'importe. Il a de vraies certitudes ce petit juge. Et elles donnent froid dans le dos.

"Des le depart n'avions pas de preuves irrefutables, ce qui est souvent le cas dans ces affaires. Donc, je l'ai dit, Mme Delay (Myriam Badaoui) a reconnu les faits, a mis en cause un certain nombre de personnes"... On pourrait arrêter là, car Burgaud a tout dit. Le reste de son instruction se fondera sur ces dénonciations. Plus d'une cinquantaines de personnes seront citées, 17 d'entre elles iront croupir en prison et, enfin, après deux procès treize seront acquittés. Leurs vies brisées.

Des doutes, il dit qu'il en a eu dès le départ. Tiens, l'histoire de la boulangère et de la sodomie avec du pain : ah oui, en effet, ça pose des questions... Il est vrai que, dans son camion ambulant elle donnait des bonbons aux enfants et vendait des baguettes jusque vers minuit. Sans doute encore un "indice grave et concordant", pour le juge Burgaud.

J'AURAIS PU FAIRE AUTREMENT.- Tout juste s'il esquisse un mea culpa.  "Je n'ai pas la pretention d'avoir fait une instruction parfaite. Avec le recul, je suis convaincu que j' aurais pu agir autrement. J'ai pu commetre des erreurs de jugement, qui n'en commet pas..."

Son discours est confondant. Ses refus de mise en liberté ? Validés par la chambre de l'instruction. Les confrontations collectives ? Pas à charge, dit-il. Les experts analysant la parole des enfants ? Ils disaient que ça paraissait être du vécu. Même si Burgaud admet qu'il y avait parfois un gouffre entre les dires des gamins et les résultats des expertises médico-légales...

Et puis, dit-il, il était sans expérience et travaillait seul... Pour se contredire aussitôt après : il échangeait régulièrement sur le dossier avec le procureur général de Saint-Omer, la chambre de l'instruction. Il est parfois tout penaud en racontant ça. Aux antipodes du juge tout-puissant, qui a été longuement décrit par les "rescapés" de ce naufrage judiciaire. Il a beau dire qu'il cherchait à se rapprocher de la vérité, on a du mal à y croire.

VOS REPONSES SONT UN PEU COURTES. - Il ne cesse de clamer qu'il a eu des doutes dès le début de l'affaire. "Le doute ne doit-il pas profiter aux mis en examen ?" l'interroge un député. Oui, bien sûr. Mais toutes ses décisions sont allées dans le sens de l'instruction à  charge.

Au fil des heures les députés seront de plus en plus mordant avec ce petit juge qui répond à côté des questions, s'embrouille dans des explications fumeuses, fait preuve au final d'une grande froideur. On sent Philippe Houillon qui bouillonne : "Nous sommes la représentation nationale, c'est notre liberte qui est entre vos mains ! Vos réponses sont un peu courtes, quand même !". Burgaud bredouille.

Un autre député : "La loi oblige d'instruire à charge et à décharge, pour assurer l'impartialité. Pourquoi ne reconnaissez-vous pas plus facilement les erreurs que vous avez commises. Vous repondez mecaniquement." Sur l'aspect profondément humain de ce dossier - les familles brisées, les enfants placés - le juge Burgaud dit simplement "c'est dramatique". Son visage n'exprime rien, juste un manque d'épaisseur. Le savoir-faire, la technique d'instruction il la maîtrise. Mais le savoir-être...

Par Philippe Gammaire
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Jeudi 9 février 2006
PITOYABLE. Hier mardi, à l'issue de six heures trente d'audition du juge Fabrice Burgaud devant la commission d'enquête parlementaire, reste l'impression génante d'avoir assisté à la prestation d'un jeune magistrat falot, introverti, incapable de l'humanité la plus élémentaire et enferré dans ses certitudes, tout au long de son instruction de l'affaire dite d'outreau.

Il est géné le juge Burgaud. La tête basse, le timbre pas très assuré ses réponses sont parfois suivies de silences médusés. Et puis il se fait souffler sans arrêt les réponses aux questions par ses deux avocats, installés à ses côtés. A tel point que Philippe Houillon, le rapporteur de la commision d'enquête va l'interpeller, excédé : "J'aimerais qu'on ne vous souffle pas systématiquement les reponses à l'oreille, c'est vous qui avez prêté serment devant cette commission". Plus tard encore : "Regardez-moi et écoutez moi M. Burgaud plutôt que de regarder dans vos papiers..."

GROSSE PRESSION. - D'entrée, l'ambiance est lourde. Il y a la pression des medias - toutes les télés internationales sont là, les chaînes françaises, TF1 et France2 ont interrompu leurs programmes habituels pour des éditions spéciales commentées par force experts. Les chroniqueurs judiciaires ne manqueraient la séance - une première en France - pour rien au monde.

Et puis, le juge Burgaud le sait, il y a les innocents d'Outreau qui l'observent, à deux pas.

Grosse pression hier, donc, sur les épaules jeune magistrat. Autant dire rien, comparé aux souffrances qu'il a généré dans ce que les parlementaires qualifieront à plusieurs reprises de "désastre judiciaire".

LA SUITE DE L'AUDIENCE ICI...

Par Philippe Gammaire
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Jeudi 9 février 2006

Avis de tempête sur le juge Burgaud, mercredi. Cinq millions de téléspectateurs devant leur écran pour assister à son audition - une première en France. Toute la presse, ce matin, qui fait sa une sur le juge. Les medias en font-ils trop ? Le problème, c'est que l'affaire d'Outreau est passée du faits divers au fait de société. Outreau c'est le concentré des dysfonctionnements de la justice. Ce "désastre judiciaire" a plusieurs causes : l'inexpérience du juge, les droits de la défense plus qu'égratignés, la présomption d'innocence battue en brèche, le manque de moyens matériels et, qu'on le veuille ou non, l'omnipotence du juge d'instruction. Un député le rappelait hier : rien qu'en 2003, si l'on additionne les durées d'incarcération de gens placés en détention provisoire, puis innocentés, on arrive à plus de 500 ans de prison... 24.000 personnes sont actuellement en prison dans l'attente d'un jugement.

Certes il y a bien une déferlente médiatique. Mais ça valait le coup d'en parler, non ?

Par Philippe Gammaire
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Lundi 27 février 2006
Je retranscris volontiers ce communiqué : " Vingt-cinq membres du réseau IFEX (l'Echange international pour la liberté d'expression) ont appelé, ce 27 février 2006, à la libération des trois journalistes actuellement retenus en otage en Irak : Jill Carroll (notre photo), Rim Zeid et Marouane Khazaal. Les organisations ont solennellement demandé aux ravisseurs des trois journalistes de bien vouloir les relâcher au plus vite".
Par Philippe Gammaire
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Mardi 28 février 2006

Au Canada, les grandes institutions (banques, entreprises) qui font tourner l'économie se préparent dès maintenant à faire face à une pandémie de grippe aviaire. Et en France ?

Les banques canadiennes n'ont pas attendu la découverte d'un chat mort, atteint du H5N1, en Allemagne pour échafauder des plans catastrophes.

Les institutions financières prennent la grippe aviaire très au sérieux. Car une propagation chez l'homme plomberait non seulement les marchés, mais elle frapperait aussi directement les employés des banques. Et ralentirait tout le système. « Si le scénario le plus pessimiste qu'on emploie pour faire nos prévisions se réalise, soit que 35 % de la population soit touchée - pas nécessairement en même temps - ça peut impliquer qu'il y ait des difficultés d'approvisionnement dans tout, y compris la monnaie pour les banques », dit Blaise Lefebvre, responsable des maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de Montréal, interviewé par "lapresseaffaires.com".

Au Canada - contrairement à la France - les banques et les entreprises se réunissent déjà pour prévoir des plans d'action face à une éventuelle pandémie de grippe aviaire. Un exemple : "Alcan se targue d'être un « leader » en matière de prévention grâce à son plan de contingence exhaustif. L'entreprise québécoise, qui compte 70 000 employés dans 55 pays, a préparé son plan en fonction de quatre degrés d'alerte, allant de vert à rouge. Le groupe a par exemple dressé des listes de professionnels médicaux dans chaque ville où il compte une usine, en vue de faciliter le traitement des employés atteints par la grippe", explique le Dr Manoel Arruda, directeur de la santé pour Alcan.

Les cas de grippe aviaire chez les humains sont très limités. Mais s'ils se répandaient au Canada, des plans sont d'ores et déjà prévus pour y faire face. En France, les experts passent leur temps à rassurer la population. Est-ce bien suffisant ?

Par Philippe Gammaire
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Jeudi 9 mars 2006

C'EST SANS DOUTE l'un des meilleurs feuilletons du moment : l'examen du projet de loi DADVSI porté par Renaud Donnedieu de Vabres, réserve quasiment un coup de théâtre par jour. Le dernier l'avant dernier en date : RDDV a annoncé mercredi à minuit le retour de l'article 1... dont il avait annoncé le retrait lundi.

Déchaînements du PS et de l'UDF (opposés au projet)sur les bancs de l'assemblée nationale : pour Didier Migaud (PS) "on assiste à un best off d'amateurisme et de faux-pas inégalés", tandis que François Bayrou (UDF) s'indigne : "On ne peut pas accepter d'être ainsi considéré comme des marionnettes, quelle que soit l'opinion que nous avons sur les droits d'auteur". "On n'arrive plus à s'y retrouver", lance Martine Billard (Verts).

Justement, voici un bref résumé des épisodes précédents :

Décembre 2005 : deux amendements votés (par des députés de gauche et de droite) sont adoptés dans le fameux article 1 du projet de loi DADVSI. Ils instaurent un embryon de licence globale, une licence dont ne veut pas le ministre de la culture. Du coup, il reporte l'examen du projet à janvier puis au 7 mars.

Lundi 6 mars : RDDV annonce qu'il retire purement et simplement l'article 1... Il instaure un amendement additionnel qui se substitue à l'article.

Mardi 7 mars à l'assemblée : tollé général, incidents de séance. Les socialistes annoncent qu'ils vont recourir à l'arbitrage du conseil constitutionnel et demander l'inconstitutionnalité de cette procédure.

Mercredi à minuit, nouveau coup de théâtre : RDDV, "la mine sombre" selon l'AFP, annonce qu'il réintroduit l'article 1 dans le projet de loi. Nouveau tollé des députés de tous bords. Nicolas Dupont-Aignan réclame de tout arrêter, et qu'une commission d'information parlementaire soit mise en place pour examiner sereinement le projet. Les socialistes sont au diapason.

Jeudi matin : le but de la manoeuvre est expliqué sans délicatesse sur Canal + par le rapporteur UMP du projet, Christian Vanesse : "Il n' y aura pas de licence globale dans la mesure où, lorsque le gouvernement aura rétabli ce fameux article 1, nous aurons le plaisir de voter contre et c'est donc bien l'amendement gouvernemental qui prendra sa place".

Les socialistes, aujourd'hui jeudi, multiplient les procédures pour ralentir la discussion sur le projet, ou tout au moins faire lever la procédure d'urgence. En tout état de cause, le projet de loi DADVSI ne pourra pas être adopté le 14 mars comme prévu.

La bataille se poursuit, avec sans aucun doute de nouveaux rebondissements.

 

RAJOUT (à 20h30) A LIRE EGALEMENT :

le récit par Guillaume Champeau, de cette fin de journée (DADVSI : l'opposition quitte l'hémicycle), sur Ratiatum.com : il semble qu'il y aura bien un recours devant le conseil constitutionnel pour juger de la légalité de la procédure parlementaire.

Sur ZD Net, "DADVSI : les interprètes sonnent le retrait, les producteurs veulent poursuivre"

 

 

 

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BILLET D'HUMEUR

Renaud Donnedieu de Vabres invente la "DADVSI DANCE"

Ca swingue au "Dance floor" de l'assemblée nationale. Trois pas en avant, deux pas en arrière. un coup j'envoie valser un article et puis hop ! je le rattrape in extremis pour le remettre en piste. Avant de l'envoyer bouler...

Avec son projet de loi sur les droits d'auteurs et droits voisin dans la société de l'information, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres (alias RDDV) invente une nouvelle chorégraphie parlementaire : la "DADVSI Dance".

Pas sûr qu'il ait envie de toucher des droits d'auteur. Le projet de loi DADVSI vire au cauchemar pour la majorité : sur la forme, la méthode ne passe pas et, sur le fond du projet, les députés sont divisés y compris - c'est le plus génant - au sein de la majorité UMP. Au point que Bernard Accoyer, président du groupe parlementaire UMP, s'est vu obligé dans la nuit de mercredi à jeudi de rappeler ses troupes à l'unité.

Quelques têtes d'affiche UMP - Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan - mènent la fronde, tandis que le PS et l'UDF utilisent toutes les ficelles parlementaires pour déstabiliser le ministre de la culture.

Jusque là, il faut le dire, RDDV s'est révélé un piètre danseur. Le ministre accumule les maladresses, se prend les pieds dans le tapis et se fait cruellement traîter d'"amateur".

On ne connaît pas encore la fin de la chanson, mais l'examen du projet de loi DADVSI - dans le genre pathétique - ressemble de plus en plus à ce film consacré aux marathons de danse : "On achève bien les chevaux".

Par Philippe Gammaire
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Vendredi 10 mars 2006

APRES MOULTS cafouillages, valse-hésitations, et faute de combattants dans l'hémicycle, Renaud Donnedieu de Vabres en est presque arrivé à ses fins dans le projet de loi DADVSI, relatif aux droits d'auteur. L'opposition, UDF comprise, ayant quitté les bancs de l'assemblée hier soir, les députés UMP ont pu rejeter l'article 1er (instituant la licence globale) et voter l'amendement 272 qui s'y substitue.

Lire également ici (infos du net), la suite des articles ou amendements ayant été votés. Les débats achevés vers minuit reprendront la semaine prochaine, quant à l'adoption du texte initialement programmée pour le 14 mars, elle est déjà reportée à une date ultérieure.

A signaler que "Le Monde" présente une excellente synthèse de la "cacophonie et (des) cafouillages" en tous genres, ces jours derniers, autour du projet de loi. Reste à savoir si le PS déposera une requête auprès du conseil constitutionnel, pour inconstitutionnalité de la procédure.

Au final,  les internautes ont le dernier mot et la dent dure : le buzz sur le Net est particulièrement défavorable au gouvernement et à ce projet de loi. A défaut de concertation, De Villepin utilise la manière forte. Tout comme pour le CPE, au demeurant. Pas très glorieux tout ça.

Par Philippe Gammaire
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