COINCIDENCE du calendrier, le journal Libération et France Inter parlaient hier du même phénomène : le Whistleblowing, ou l'art de dénoncer son collègue de travail, son patron qui fraude ou telle société qui arnaque les consommateurs.
Aux Etats-Unis, ce système a été légalisé (loi Sarbanes-Oxley) suite au scandale Enron, pour que des salariés puissent dénoncer une fraude de l'entreprise et éviter qu'elle ne prenne de l'ampleur. Numéros verts ou e-mails sont mis à disposition, et l'anonymat est respecté.
En France, le système passe mal dans le cadre du travail (la hot line installée chez Mc Cormick France a rapidement été baptisée "Allo collabo", rapporte Libé). Dénonciation rime encore avec délation, triste souvenir de la période vichyste. Les syndicats qui s'y opposent frontalement évoquent les risques de dérapage, attentatoires à la vie privée. Pour autant, la CNIL autorise depuis le 28 novembre dernier, la mise en place de "lignes éthiques" (uniquement dans le domaine comptable ou de lutte contre la corruption).
De son côté, David Abiker, sur France-Inter ("Blogs à part"), évoquait ce site internet, "dénonciation.com". Son slogan, en page d'accueil : "La dénonciation est un acte civique, à l'opposé de la délation qui est un acte révoltant et inacceptable de nos jours".
Un internaute demande quand même : "Comment pouvez vous etre sûr que certaines dénonciations ne sont pas des diffamations faites uniquement dans le but de nuire à autrui?"
Réponse de DENONCIATION.com : "Vous avez raison, nous effectuons un travail de recoupement et nous ne nous mettons en route que lorsque nous sommes presque certain que la dénonciation s'appuie sur des fais réels(...)"
Notez bien le "presque". Les responsables du site préfèrent rester anonymes. Auraient-ils honte à pratiquer la dénonciation ?
***************
Conseil pratique : avant de dénoncer apportez des preuves irréfutables, sinon vous risquez de tomber sous le coup de la loi Perben sur la dénonciation calomnieuse (articles 226-10 et suivants du Code pénal).
Commentaires