France-Soir vs Direct Soir

Publié le par Philippe Gammaire

La poisse continue ? Alors que France-Soir sera à nouveau dans les kiosques, mercredi 7 juin après quasiment deux mois de non-parution, un autre quotidien à vocation nationale - gratuit qui plus est - va naître la veille, mardi 6 juin.

Ainsi en a décidé Vincent Bolloré, patron du groupe éponyme, qui lance Direct Soir, premier gratuit qui sera distribué chaque jour à la criée autour de 16 h.

Edité à 500.000 exemplaires (dont la moitié sur Paris et l'autre répartie sur une douzaine de grandes villes françaises), son lancement en juin constitue un test avant de faire relâche cet été (période de basses eaux publicitaires) puis de paraître à nouveau en septembre.

Après la chaîne Direct 8, Bolloré surfe désormais sur la vague des "gratuits" et devrait créer dans la foulée une radio.  On assiste ainsi à la naissance d'un groupe multimedia.

EFFET D'ANNONCE

Les spécialistes assurent en général que les gratuits ne prennent pas de lecteurs aux quotidiens payants, mais participent à renouveler le lectorat en intéressant les plus jeunes.

Il n'empêche. L'effet d'annonce et de nouveauté lié au lancement de Direct soir pourraît géner le nouveau départ pris par France-Soir.

Certes, le quotidien historique retrouvera certainement son lectorat le plus fidèle, c'est à dire le plus ancien. Mais quid des jeunes générations ?

Le tout nouveau directeur de la rédaction, François Mattei annonce d'ores et déjà plus de couleur, plus d'images, une maquette relookée.

La nouvelle version du journal, qui devrait être tirée à 150.000 exemplaires (contre 35.000 avant la grève), sera composée de 40 pages dont huit consacrées aux courses hippiques, "beaucoup de sport et de people. L'actualité politique et économique sera beaucoup plus souple que dans les quotidiens nationaux classiques", a déclaré le directeur de la rédaction à l'agence Reuters.

Pas forcément suffisant pour effacer l'image de marque vieillissante du titre et les effets d'une non parution prolongée, consécutive à la grève qui a duré sept semaines.

Bolloré aurait choisi le 6 juin pour lancer Direct soir en mémoire du Débarquement allié en Normandie. A l'inverse, va-t-on assister à la chronique d'une débacle annoncée pour France-Soir ?

 

 

 

Commenter cet article